La condition de la femme
avant l'avènement de l'Islam
A l'arrivée de l'Islam, toutes les communautés de la terre méprisaient
la femme et la lésaient dans son droit ; ce qu'elle pouvait obtenir de
mieux c'était la reconnaissance de son origine humaine ; qu'en était-il
donc de la reconnaissance de sa dignité et de son égalité avec les
hommes dans les droits et les devoirs !? Chez le Grecs, elle était un
objet de divertissement et de plaisir. Cela est exprimé dans cette
citation de Démosthène : « Nous utilisons les prostituées pour le
plaisir, les amantes pour notre soin corporel quotidien et les épouses
pour avoir des enfants légitimes »
Chez les Romains, le père et l'époux avaient le droit de la vendre à qui
ils voulaient.
Quant aux Arabes, le fils de l'époux avait le droit de la prendre en
héritage au même titre que les biens et les bêtes de son père ! Ceci
bien entendu, dans le cas où Allah la protégeait d'être enterrée vivante
à sa naissance.
Il en est de même du reste des communautés, qu'il s'agisse des Perses,
des Indiens…
Tout se passait sans que la femme n'accomplisse de révolutions ou de
revendications par rapport à cet état de choses, et sans qu'il y ait de
mutations sociales ou économiques qui imposent quelque chose de ce
genre.
Jusqu'à ce qu'arrive l'Islam pour reconnaître son égalité à l'homme et
lui restituer la totalité de ses droits afin de la délivrer de cette
situation désastreuse et déshonorante et la mener a des horizons
sublimes. Comment cela s'est-il passé ?
L'égalité entre l'homme et la femme dans l'Islam :
L'Islam a prescrit le principe de l'égalité des deux sexes dans tous les
domaines dans lesquels ils sont égaux en tant qu'êtres humains ; il a
fait une distinction entre les deux à certains endroits en raison des
considérations particulières dans lesquelles il tient compte de
l'origine de leur création, des capacités de chacun des deux et de sa
nature. Nous nous proposons d'évoquer dans les lignes suivantes, les
domaines de l'égalité :
•
L'égalité sur l'origine de la création
L'Islam a établi de manière certaine l'unité de l'origine du genre
humain et cela dans plusieurs versets du Qur'an : ( Ô hommes ! Craignez
votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci
son épouse, et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre)
beaucoup d'hommes et de femmes ) (sourate An-Nissâ, verset 1) ; ( Ô
hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons
fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous
entre connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le
plus pieux ) (sourate Al Hujurat, verset 13)
•
L'égalité de la destinée
De même, l'Islam a déclaré que tous les êtres humains retourneront vers
Allah qui les a créés pour la première fois et chacun d'eux, qu'il
s'agisse d'un homme ou d'une femme y rencontrera la rétribution de son
œuvre de la vie présente. S'il a fait du bien il aura une bonne
récompense et s'il a mal œuvré, il aura une mauvaise récompense : ( Et
au Jour de la Résurrection, chacun d'eux se rendra seul auprès de Lui )
(sourate Maryam, verset 95) ; ( Et qu'aucune [âme] ne portera le fardeau
(le péché) d'autrui, et qu'en vérité, l'homme n'obtient que [le fruit]
de ses efforts ; et que son effort, en vérité, lui sera présenté (le
jour du Jugement) ) (sourate An-Najm, versets 38-40) ( Leur Seigneur les
a alors exaucés (disant) : “ En vérité, Je ne laisse pas perdre le bien
que quiconque parmi vous a fait, homme ou femme, car vous êtes les uns
des autres ) (sourate Al Imran, verset 195) ; ( Quiconque, mâle ou
femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons
vivre une bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des
meilleures de leurs actions ) (sourate An-Nahl, verset 97)
•
L'égalité dans la réceptivité du message religieux
Les messages d'Allah à l'intention de l'humanité sont adressés
indifféremment à l'homme et à la femme. La personnalité de la femme est
complètement autonome par rapport à l'homme. La foi en Allah, en Ses
Messagers, en Ses Livres, au Jour Dernier est requise de la femme. De
même, toutes les obligations religieuses lui sont adressées sans
médiation ou tutelle de quiconque. Elle est entièrement responsable dans
tout cela.
( Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et
obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et
craignantes, donneurs et donneuses d'aumônes, jeûnants et jeûnantes,
gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d'Allah et
invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme
récompense ) (sourate Al Ahzâb, verset 35) ; ( Allah a cité en parabole
pour ceux qui ont mécru la femme de Noé et la femme de Lot. Elles
étaient sous l'autorité de deux vertueux de Nos serviteurs. Toutes deux
les trahirent et ils ne furent d'aucune aide pour [ces deux femmes]
vis-à-vis d'Allah. Et il [leur] fut dit : “Entrez au Feu toutes les
deux, avec ceux qui y entrent” ) (sourate At-Tahrim, verset 10)
( Et Allah a cité en parabole pour ceux qui croient, la femme de
Pharaon, quand elle dit “Seigneur, construis-moi auprès de Toi une
maison dans le Paradis, et sauve-moi de Pharaon et de son œuvre ; et
sauve-moi des gens injustes” ) (sourate At-Tahrim, verset 11)
Le Messager d'Allah –paix et bénédictions d'Allah sur lui- dit à sa
fille Fatima –qu'Allah soit satisfait d'elle- : « Ô Fatima, je ne te
profiterai point devant Allah »
•
L'égalité devant la justice
La femme a également son inviolabilité juridique et a le droit d'engager
une poursuite judiciaire si elle subit une injustice : ( Ô les croyants
! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques)
comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère
ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a
priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que
vous) ) (sourate An-Nissâ, verset 135).
Nombreuses sont les femmes qui venaient auprès du Messager d'Allah –paix
et bénédictions d'Allah sur lui- se plaindre de l'injustice qu'elles
subissaient de la part de certains de leurs proches parents et il leur
faisait justice et les délivrait de ces iniquités. Il y a parmi elles,
cette femme que son frère empêcha de se marier avec celui qu'elle
désirait ; elle vint se plaindre auprès du Messager –paix et
bénédictions d'Allah sur lui- et cette parole d'Allah –l'Exalté- fut
alors révélée : ( Alors ne les empêchez pas de renouer avec leurs époux,
s'ils s'agréent l'un l'autre, et conformément à la bienséance ) (sourate
Al Baqara, verset 232)
Il y a aussi le cas de celle que son père donna en mariage par
contrainte ; le Messager –paix et bénédictions d'Allah sur lui- rejeta
son mariage.
Et cette jeune fille qui fut mariée par son père à un homme qu'elle
détestait, vint se plaindre auprès du Messager –paix et bénédictions
d'Allah sur lui- qui lui proposa de choisir entre rester avec cet homme
ou se séparer de lui ; aussi, elle dit : (J'accepte ce qu'a fait mon
père, toutefois, j'ai voulu que les femmes sachent que les pères n'ont
aucune part dans l'ordre)
Une autre vint trouver le Messager –paix et bénédictions d'Allah sur
lui- alors que l'oncle paternel de ses deux filles avait privé ces
dernières de l'héritage laissé par leur père. Aussi, cette parole
d'Allah fut révélée : ( S'il n'y a que des filles, même plus de deux, à
elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse ) (sourate An-Nissâ,
verset 11)
Les exemples sont nombreux dans ce chapitre.
•
L'égalité au sein de la famille entre les droits de la femme et ses
devoirs :
L'Islam a proclamé l'égalité entre les droits et les devoirs familiaux
de la femme. Allah –l'Exalté- dit : ( Quant à elles, elles ont des
droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance )
(sourate Al Baqara, verset 228).
Il a aussi proclamé son droit d'être consultée au sein de la famille au
sujet des enfants, de leur éducation, etc. Allah –l'Exalté- dit au sujet
du sevrage de l'enfant : ( Et si, après s'être consultés, tous deux
tombent d'accord pour décider le sevrage, nul grief a leur faire )
(sourate Al Baqara, verset 233) ; ( Et concertez-vous [à ce sujet] de
façon convenable ) (sourate At-Talaq, verset 6) ; c'est-à-dire que
chacun des époux doit, de façon convenable, demander l'avis de l'autre
au sujet des affaires de la famille (allaitement des enfants, leur
éducation…)
Les droits de la femme dans l'Islam
Il convient de noter que dans l'Islam, les droits de l'homme de façon
générale sont des obligations et non de simples droits. Autrement dit,
il incombe à l'homme de préserver ces droits et de fournir des efforts
pour les recouvrer lorsqu'ils sont bafoués. De même, il incombe à la
société de les octroyer totalement aux individus. L'Islam a donc accordé
à la femme tous les droits de l'être humain, qu'il s'agisse des droits
intellectuels, religieux, sociaux, économiques ou politiques.
•
Les droits intellectuels et religieux de la femme
L'Islam a garanti à l'être humain, qu'il s'agisse de l'homme ou de la
femme, le droit de penser et le droit de croire ; bien mieux, il a
considéré la pensée et la méditation comme une obligation incombant à
l'être humain. Aussi, les versets sont nombreux à exhorter l'homme à la
méditation et à la pensée sur les phénomènes du cosmos et de la vie ;
Allah –l'Exalté- dit : ( N'ont-ils pas médité sur le royaume des cieux
et de la terre, et toute chose qu'Allah a créée ) (sourate Al A'raf,
verset 185) ; ( Dis : “Regardez ce qui est dans les cieux et sur la
terre” ) (sourate Yunus, verset 101) ; ( Dis : “Parcourez la terre et
voyez comment Il a commencé la création ) (sourate Al Ankabut, verset
20) ; ( Dis : “Je vous exhorte seulement à une chose : que pour Allah
vous vous leviez, par deux ou isolément, et qu'ensuite vous
réfléchissiez. Votre compagnon (Muhammad) n'est nullement possédé )
(sourate Saba, verset 46)
Quant au droit à la croyance, l'Islam l'a garanti à l'être humain et a
interdit de contraindre une personne à changer de conviction : ( Nulle
contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de
l'égarement ) (sourate Al Baqara, verset 256) ; ( Est-ce à toi de
contraindre les gens à devenir croyants ? ) (sourate Yunus, verset 99) ;
( Eh bien, rappelle ! Tu n'es qu'un rappeleur ; et tu n'es pas un
dominateur sur eux ) (sourate Al Gâchiya, versets 21-22). D'autre part,
le Qur'an a mis en garde ceux qui font subir des épreuves aux musulmans
et aux musulmanes à cause de leur croyance : ( Ceux qui font subir des
épreuves aux croyants et aux croyantes, puis ne se repentent pas, auront
le châtiment de l'Enfer et le supplice du feu ) (sourate Al Buruj,
verset 10)
De tous ces versets, se manifeste l'autonomie de la personnalité
religieuse de la femme ; on y retient également que personne ne lui
impose sa croyance, que c'est plutôt elle-même qui choisit librement sa
croyance.
( Ô vous qui avez cru ! Quand les croyantes viennent à vous en émigrées,
éprouvez-les ; Allah connaît mieux leur foi ; si vous constatez qu'elles
sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants ) (sourate Al
Mumtahana, verset 10) ; ( Ô Prophète ! Quand les croyantes viennent te
prêter serment d'allégeance, [et en jurent] qu'elles n'associeront rien
à Allah, qu'elles ne voleront pas, qu'elles ne se livreront pas à
l'adultère, qu'elles ne tueront pas leurs propres enfants, qu'elles ne
commettront aucune infamie ni avec leurs mains ni avec leurs pieds et
qu'elles ne désobéiront pas en ce qui est convenable, alors reçois leur
serment d'allégeance, et implore d'Allah le pardon pour elles ) (sourate
Al Mumtahana, verset 12) ; ( Ô femmes du Prophète ! Celle d'entre vous
qui commettra une turpitude prouvée, le châtiment lui sera doublé par
deux fois ! Et ceci est facile pour Allah. Et celle d'entre vous qui est
entièrement soumise à Allah et à Son messager et qui fait le bien, Nous
lui accorderons deux fois sa récompense ) (sourate Al Ahzab, versets
30-31)
Lorsque l'Islam fut révélée, la femme l'embrassa et émigra, malgré la
mécréance de l'époux, du père et de tous les proches parents hommes.
Pour illustrer cela, prenons le cas de Oummou Habiba la fille de Abû
Soufyan, elle embrassa l'Islam et émigra alors que son père était à
cette époque parmi les leaders de la mécréance, son mari renia la foi et
elle se maintint dans l'Islam. Il y a aussi le cas de Fatima la fille de
Al Khattâb, elle embrassa l'Islam avant son frère Oumar ibn Al Khattâb
et c'est elle qui fut la cause de la conversion de ce dernier grâce au
défi et à la bravade qu'elle lui opposa lorsqu'il apprit la nouvelle de
son islamisation et voulut éprouver sa foi. Il y a également Oummou
Koultsoum, la fille de Ouqba ibn Abî Mouît, elle embrassa l'Islam et
émigra malgré que tous les membres de sa famille fussent des
polythéistes.
Il y a aussi le cas de ces nombreuses femmes qui étaient la cause de la
conversion de leurs époux telles que Oummou Soulaim, la femme de Abû
Talha Al Ansary, Oummou Hakîm fille de Hizâm, la femme de Ikrima ibn Abî
Jahl et bien d'autres.
Pourquoi la polygamie fut-elle permise ?
Avant d'aborder cette question, il
faudrait rappeler que le Coran fut révélé pour toutes les époques et
tous les peuples. Certains contextes historiques ont favorisé
l'apparition de cette pratique. Voici les versets tant controversés :
Le Coran [4:2-3]
Et donnez aux orphelins leurs biens; n'y substituez pas le mauvais au
bon . Ne mangez pas leurs biens avec les vôtres : c'est vraiment un
grand péché. Et si vous craignez de n'être pas justes envers les
orphelins, ...Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les
femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes
avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela
afin de ne pas faire d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre
charge de famille).
(*Note : Ces versets mentionnent les esclaves. A l'époque des prophètes,
l'esclavagisme était une pratique courante. Les prophètes sont venus
pour décourager cette pratique, mais on n'en trouve toujours la mention
dans le Coran.)
La plupart de ceux qui prônent ou qui accusent l'Islam de promouvoir la
polygamie oublient la première partie de ces versets :
Et donnez aux orphelins leurs biens; n'y substituez pas le mauvais au
bon . Ne mangez pas leurs biens avec les vôtres : c'est vraiment un
grand péché. Et si vous craignez de n'être pas justes envers les
orphelins, ...
Donc, la polygamie fut permise pour venir en aide aux orphelins, aux
enfants des femmes devenus veuves. A l'époque, le père était le
pourvoyeur (et encore aujourd'hui dans plusieurs pays) et les femmes qui
se retrouvaient veuves ou désertées se voyaient dans l'impossibilité de
subvenir aux besoins de leurs enfants. C'est seulement pour de telles
raisons que la polygamie fut permise. Avoir plusieurs femmes pour jouir
des plaisirs sexuels n'est pas permis. D'ailleurs, Dieu donne une autre
condition : celle d'être juste envers les femmes que l'on épouse. Si
l'homme craint de ne pas être juste avec la veuve ou la femme désertée,
alors il ne faut épouser qu'une seule femme :
[...] mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors
une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela afin de ne pas faire
d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille).
Cette règle est d'ailleurs confirmée dans les hadiths ci-dessous. On
peut y voir que venir en aide aux veuves et aux orphelins est un acte de
piété :
Hadith Sahih Bukhari Volume 8, Livre 73, No 34:
[...] la personne qui s'occupe d'un orphelin et pourvoit pour lui
entrera au paradis ainsi". (le prophète fit un signe en collant son
index et son majeur)
Hadith Sahih Bukhari Volume 8, Livre 73, No 35:
Le prophète a dit : "celui qui s'occupe d'une veuve et d'un indigent est
tel un guerrier qui se bat pour la cause de Dieu ou tel la personne qui
jeûne toute la journée et prie toute la nuit.
Le prophète Muhammad (paix soit sur lui) lui-même avait plusieurs
femmes. Plusieurs d'entre-elles étaient des veuves avec des enfants à
charge. Le prophète (paix soit sur lui) prit soin d'elles et pourvut
pour leurs enfants. La polygamie fut ainsi permise dans certaines
circonstances.